Textes

  • Icare et la Harpie

    poeme

    Au point du jour,

    je m’en irai.

    Au bout de l’horizon, tout au bout,

    je sauterai.

  • Le Bushido de l'Écrivain (Titre provisoire) - 25

    bushido

    — Fermez les yeux.

  • Le Bushido de l'Écrivain (Titre provisoire) - 24

    bushido

    Quelqu’un m’a dit : va voir l’Oniromancien. Qui ? Je ne m’en souviens pas.

  • Le Bushido de l'Écrivain (Titre provisoire) - 23

    bushido

    Perdu dans le Ciel…

  • Le Bushido de l'Écrivain (Titre provisoire) - 22

    bushido

    L’escalier s’arrête là. Mais je ne suis pas encore au sommet. La dernière terrasse, celle d’où l’on peut contempler toute la Création et toucher du doigt le Dôme du Ciel, est encore au-dessus de moi. Il faut emprunter une dernière échelle pour y accéder. Impossible d’en dire la hauteur : elle s’élève dans la lumière aveuglante du soleil à son zénith, lumière qui plonge dans le puits jusque dans les entrailles de la Tour. D’en bas, les bruits continuent de me parvenir, mais déformés et amplifiés par cette immense caisse de résonance. Des milliers de voix se confondent en un gémissement sourd et puissant. Les pas, les portes que l’on ferme, chacun des gestes faits en-dessous se joint à la cacophonie de l’ensemble. On dirait une mécanique folle travaillant inlassablement, aveuglément à supplicier des corps dont elle ne veut rien d’autre que la poursuite du gémissement. Il me semble entendre la voie de l’Enfer.

  • Le Bushido de l'Écrivain (Titre provisoire) - 21

    bushido

    Je suis si haut maintenant que même lorsque je me suis au bord du puits, j’entends le vent furieux qui souffle au dehors. Le puits est une large ouverture pratiquée au centre de chaque étage. Des cordes y sont suspendues qui permettent de hisser nourriture et matériel de construction. Les hommes, eux, grimpent en suivant l’escalier qui s’enroule autour du puits. Lorsque je m’y penche, j’entends monter les bruits de ceux qui s’affairent plus bas. Certaines paroles me parviennent, mais si déformées que je ne les comprends pas. Lorsque je lève les yeux vers le haut, je ne peux encore voir le ciel. Pourtant, il ne doit pas être bien loin : il y a si longtemps maintenant que je monte ces marches et il me semble entendre les travaux qui se font là-haut pour élever encore la Tour.

  • Le Bushido de l'Écrivain (Titre provisoire) - 20

    bushido

    À quel étage de la Tour je me trouve, je ne saurais le dire. Un des premiers sans doute, car il est encore consacré à la lecture. Pourtant, lorsque je regarde par une fenêtre, la hauteur me paraît vertigineuse. Tout en bas, la ville noyée dans un lointain brouillard. Puis, les tout premiers paliers, consacrés à l’écriture.

  • Le Bushido de l'Écrivain (Titre provisoire) - 19

    bushido

    À quel étage de la Tour je me trouve, je ne saurais le dire. Un des premiers sans doute, car il est encore consacré à la lecture. Pourtant, lorsque je regarde par une fenêtre, la hauteur me paraît vertigineuse. Tout en bas, la ville noyée dans un lointain brouillard. Puis, les tout premiers paliers, consacrés à l’écriture.

  • Le Bushido de l'Écrivain (Titre provisoire) - 18

    bushido

    — J’écris pour que le jour se lève.

  • Le Bushido de l'Écrivain (Titre provisoire) - 17

    bushido

    J’aurais voulu avoir accès à la bibliothèque de Dieu

  • Le Bushido de l'Écrivain (Titre provisoire) - 16

    bushido

    — Qu’y a-t-il au commencement ?

  • Le Bushido de l'Écrivain (Titre provisoire) - 15

    bushido

    — Nous ne nous sommes encore jamais rencontrés, n’est-ce pas ? me demanda le maître.

  • Le Bushido de l'Écrivain (Titre provisoire) - 14

    bushido

    — Maintenant que tu es remis, peut-être vais-je pouvoir commencer mon enseignement ? Tout d’abord, pourquoi veux-tu écrire ?

  • Le Bushido de l'Écrivain (Titre provisoire) - 13

    bushido

    Il n’y a pas de mort ici, seulement des réveils.

  • Le Bushido de l'Écrivain (Titre provisoire) - 12

    bushido

    Je m’aventure dans un endroit inexploré du marécage. Je l’ai évité bien longtemps car il me semblait dangereux, plus que tout autre lieu du marécage. Ici, le sol est sablonneux et humide, mais ce n’est pas de l’eau qui se mêle au sable, non, c’est de l’encre. Le sable prend ici une coloration sombre, tournant parfois au noir intense.

  • Le Bushido de l'Écrivain (Titre provisoire) - 11

    bushido

    Me voilà comme un écolier à écrire à l’encre bleue sur du papier à grands carreaux. Curieuse situation pour poursuivre ce Bushido. J’ai oublié mon matériel d’écriture et j’ai dû emprunter une plume et une feuille à ma fille.

  • Le Bushido de l'Écrivain (Titre provisoire) - 10

    bushido

    Je suis devenu une il.

    — Tu n’as pas compris.

    Tais-toi, vieux fou. Tu ne vois pas ? Tu ne vois ce que je suis devenu ?

  • Le Bushido de l'Écrivain (Titre provisoire) - 9

    bushido

    J’ouvris les yeux.

    — Dieu merci, il se réveille.

  • Le Bushido de l'Écrivain (Titre provisoire) - 8

    bushido

    Des arbres tout autour de moi. Ils me paraissent tous semblables. Et pas un chemin pour les séparer. Toutes les directions semblent identiques. Depuis ma sortie du marécage, je n’ai jamais su où je pouvais être.

  • Le Bushido de l'Écrivain (Titre provisoire) - 7

    bushido

    — Que s’est-il passé hier ? demandai-je au maître.

  • Le Bushido de l'Écrivain (Titre provisoire) - 6

    bushido

    Je me rappelle d’un songe que j’ai fait au sortir de l’enfance, dis-je au maître. Il se déroulait dans la forêt, une futaie claire. Lorsque la conscience de rêver me vint, lorsque commence le souvenir, je suis en grande discussion, bien que je ne puisse voir personne autour de moi. Je suis en grand débat avec le Diable. Je ne me souviens pas de quel a été son dernier argument, mais je suis embarrassé pour lui répondre tant il est convainquant. En désespoir de cause, je lance : « Mais il faut tout de même bien essayer d’être moral, non ? » Là, une voix s’élève tout autour de moi, mais comme provenant du fond lointain du bois. Le Diable, me semble-t-il, s’exprime de cette façon depuis le début de notre conversation. Mais cette fois, il n’a pas conservé son propre timbre : il a pris le mien. Il me répond avec mes propres mots, reprenant une de mes premières conclusions philosophiques : « La morale n’est qu’un ramassis de préjugés. »

  • Amnésie

    nouvelle

    Un mal de crâne comme je n’en ai encore jamais eu précède même la conscience lorsque je me réveille. Que s’est-il passé ? Aurais-je pris la cuite de ma vie ? Pour le moment, je ne me rappelle de rien. Même mon nom m’échappe un instant avant de me revenir.

  • Le Bushido de l'Écrivain (Titre provisoire) - 5

    bushido

    — Vous autres, Occidentaux, dit le maître, ne savez pas écrire.

  • Le Bushido de l'Écrivain (Titre provisoire) - 4

    bushido

    Les jours qui suivirent, je ne rencontrai pas le vieil homme. Je fis plusieurs nuits de suite un rêve qui me laissait une sensation désagréable d’inachèvement.

    Il n’y avait pas de haut, ni de bas. Pas de lumière, ni d’obscurité. Pas de froid, ni de chaleur. Pas de mouvement, ni d’immobilité. Pas de différence ou d’identité. Ni de nécessité ou de contingence. Pas de sens. Pas d’absurde. Dire ce qu’il n’y avait pas suffirait à vider le monde. Dire ce qu’il manquait suffirait à emplir l’Univers.

  • Le Bushido de l'Écrivain (Titre provisoire) - 3

    bushido

    Voici le premier commencement.

  • Le Bushido de l'Écrivain (Titre provisoire) - 2

    bushido

    Voici un autre commencement.

  • Le Bushido de l'Écrivain (Titre provisoire) - 1

    bushido

    Je ne voulais pas commencer comme cela.

  • Un étrange Coup d'État

    nouvelle

    À ses pieds, la nuit tombait sur Ypalone, la Cité Cent Fois Muselée, Cent Fois Libérée. Du haut de sa tour immense, il voyait se dessiner les rues et les ruelles en de minces rubans lumineux. Seul, il pouvait contempler la complexité de ce labyrinthe ; seul, il pouvait en apprécier la beauté qui s’étendait jusqu’à l’horizon. Seul, lui, Hirphide, le vieux roi d’Ypalone, la Cité Cent Fois Muselée, Cent Fois Libérée.

  • Une Impasse

    nouvelle

    Les Ancêtres lui avaient refusé leur parole. Telle fut la pensée de Duc lorsque le premier rayon de soleil, frappant ses paupières, le tira de sa torpeur. Il se mit debout au bord de la falaise et contempla le soleil levant. Sans y penser, s’interrogeant sur sa destinée, il regardait la lumière matinale envahir la plaine désertique à ses pieds.

  • La Meilleure des Vies

    nouvelle

    Assise dans la caravane, Sally se regardait dans le miroir. Seule, elle essayait de ne pas entendre les applaudissements au dehors. Elle leur avait déjà donné trois rappels, et maintenant, elle était fatiguée, elle ne voulait plus y retourner.

    Ce n’est pas vrai, Sally, pensa-t-elle. Tu te mens à toi-même. Tu sais bien que le problème n’est pas là.

  • Disparition

    nouvelle

    Lorsqu’elle l’entendit ouvrir la porte d’entrée, elle lui demanda :
    — Pas de courrier aujourd’hui ?
    Il leva sur elle un regard dans lequel se mêlait tristesse et résignation.
    — Non, rien, aujourd’hui non plus.
    — Pas même une publicité ?
    Sa voix était devenue aiguë et perçante en prononçant ce dernier mot.
    — Non comme hier, et comme avant hier.

  • Liquidation totale

    nouvelle

    Vous qui me lisez, si, ce faisant, vous n’avez pas la conviction d’œuvrer à votre propre réalisation, votre propre développement ou votre libération, abandonnez sans attendre cette lecture : je n’écris pas pour vous. Considérez cet avertissement comme un préambule à toute mon œuvre.

  • Méiose

    poeme

    J’ai rêvé de toi

    de moi, amants étrangers,

    accrochés l’un à l’autre

  • Aphrodite

    poeme

    J’ai dressé une muraille
    de satin et de dentelle
    pour que tu témoignes de mon amour

  • Soirée

    poeme

    En rentrant chez moi

    Le soir seulement le soir

    J’accroche mon sourire

    Au porte-manteau

  • Sabbat

    poeme

    Mais ce feu que je tiens

    est celui de la Vérité

    Il dévoile votre vrai visage

  • Mirovia

    poeme

    Être tout

    N’être rien

    Être celui qui écrit

    Être celui qui pleure

  • à Ophélia

    poeme

    Je cède à la folie
    Le royaume de mon esprit
    Il y était un roi
    Que prit le désarroi

  • Sommeil

    poeme

    Je me tournais
    Et me retournais
    Dans un sens
    Puis dans l’autre

  • Poursuite

    poeme

    Laissez-moi entrer! Je suis poursuivi!

  • Neptune

    poeme

    Portée par une vague immense
    d’encre
    Plombée d’un ciel lourd
    d’encre
    Fantomatique, la dérive d’un navire en perdition…

  • Gris

    poeme

    Le petit homme gris
    monte dans sa voiture grise

  • Ariane

    poeme

    les ténèbres enfin

    se gargarisent de lumières